Des jeunes issus des 15 quartiers de la commune urbaine de Boké ont investi ce vendredi 03 avril 2026 la cour de la préfecture. Ce sit-in vise à protester contre la candidature d’anciens dirigeants locaux aux prochaines élections législatives et communales. Les manifestants accusent notamment l’ancien Maire de Boké, Mamadouba Tawel Camara, et ses proches, d’avoir constitué la liste de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) sans consultation citoyenne. Ils dénoncent une liste qui ne reflète pas les aspirations des jeunes et des femmes, tout en s’offusquant de voir les anciens responsables s’ériger en têtes de liste.
Vêtus de rouge et munis de pancartes, les protestataires ont affiché des slogans sans équivoque : « Stop aux anciens maires et députés, nous sommes au 21e siècle », « Boké mérite mieux, la jeunesse au premier rang » ou encore « Non aux cadres retraités ».
Abdourahamane Keïta, porte-parole des contestataires, explique les raisons de cette mobilisation :
« Nous sommes là aujourd’hui pour nous opposer au retour de ces anciens dirigeants qui n’ont rien apporté à Boké. Certains ont été maires, députés ou préfets pendant 23 ans sans aucun impact pour la jeunesse. Puisqu’ils n’ont rien fait pour la population, ils refusent maintenant de laisser la place à ceux qui peuvent faire plus. Ils ont élaboré une liste en catimini, écartant des candidats crédibles »
Le porte-parole insiste sur la volonté de voir un renouvellement de la classe politique locale :
« Comme ailleurs, nous voulons des jeunes candidats à la députation et à la mairie. Nous voulons des élus choisis par les jeunes et les femmes, et non des candidats qui considèrent Boké comme leur patrimoine personnel ».
La critique se focalise particulièrement sur les figures historiques de la région. Selon Abdourahamane Keïta :
« Celui qui est censé être l’arbitre est entré dans le match. Notre ex-maire, Monsieur Tawel, s’est mis tête de liste pour la GMD ; nous ne sommes pas partants. Il a fait son temps, il ne peut pas faire le nôtre. De même pour la députation, nous entendons parler du doyen M’bopp. C’est un intellectuel, un cadre aguerri qui a fait ses preuves, mais sa santé se dégrade. Le travail à l’Assemblée est épuisant. Il doit se reposer et accepter un rôle de conseiller. Il est temps de céder la place à la jeunesse ».
Au moment où nous quittions les lieux, une délégation des manifestants était reçue par le préfet pour un entretien, dans l’espoir de trouver une issue favorable à ces revendications.
Mohamed Abdallah Gandéka
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